Dépêche agence de presse Juin 2007.
Le ministre du développement durable, Alain Juppé a invité les Bordelais à participer dimanche à un pique-nique, et à une promenade à vélo.

La réforme ambitieuse de Maurice

Ce matin, je ramasse un journal. Je lui arrache une page pour emballer mon morceau de pain et le protéger de la poussière. Qu’est ce que je vois en photo : le Canadien Juppé avec un saucisson dans les mains, qui fait un pique-nique et du vélo à Bordeaux… C’est drôle rien que de voir ce morceau de barbaque, j’ai retrouvé sous mes papilles le goût du bon vin. C’était en d’autres temps, avant que je ne vive dans la rue. C’est marrant, ce Canadien si loin de nous, autrefois, commence à manger sur l’herbe, il se rapproche de ses bêtes, les flatte et les caresse juste avant de mener le troupeau aux urnes. Je l’aime bien moi ce berger à vélo, cet homme nature, proche de la vie simple, toujours prêt à partager sa tranche de sauciflard. Quelqu’un m’a dit qu’il la faisait payer 1,66€, mais ce doit être une mauvaise langue… C’est pas un gagne petit le canadien. Ce mec, il a traversé le désert sous la neige, ça c’est fort ! Un beau pays le Québec, ça te refait une santé, ça te change un homme. Il paraît que tu apprends à t’aimer… C’est pour ça qu’il s’est mis à aimer son prochain… Aime ton prochain comme toi-même… C’est sûr, cet homme s’aime. Et maintenant, il s’occupe des plantes. Une mauvaise langue m’a dit qu’il ne s’occuperait que des belles plantes, je l’crois pas. C’est un ministre, il est sérieux, il va faire une politique qui se veut respectueuse de l’environnement, moi qui suis une mauvaise herbe, je vais donc avoir une chance, comme quoi : ça a du bon la biodiversité. Mais y a pas de doute, faut que je m’arrache d’ici. Je suis probablement le meilleur d’entre mes potes, si je vais au Canada, je reviens et je deviens le meilleur des meilleurs. À moi la rue… À moi la vedette… À moi les télés… Hips… Tiens au fait il est où : le Don Quichotte… Faut que je lui dise : faut aller faire un campement au Canada. Et quand on revient on a des vélos et du saucisson à volonté. Ouais, c’est ça : « ON VEUT des vélos et du saucisson, ouais donnez nous des vélos et du saucisson. »
C’est fou depuis que je me suis fait embarquer par les flics à l’époque des GRANDES émeutes anti-Sarko à la Bastille, je me sens une âme de sans-culotte. OUAIS : « ON VEUT DES VÉLOS ET DU SAUCISSON. » Hein… C’est pas une réforme ambitieuse ça. Hips…
Jean Valles