Un brin de fleur dans la poche, Raoul passe boire un coup au bistro avant de rentrer chez sa femme. De toutes les façons, le poulet n’est pas encore cuit… Une petite mousse s’impose.
— Tu vois Vincent, en ce jour de muguet, j’ai une pensée émue pour un ouvrier devenu ministre. Burps… Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy s’assassine ou se fait suicider… Je ne sais plus… Hips, c’est déjà de l’Histoire tout ça. En tout cas le Mitterrand, celui qui a été président pas le gay, invente un nouveau mot le jour des obsèques de Pierre, son ami. Le 4 mai 1993, le mot chien devient synonyme de journaliste. Il n’avait pas tort en fait… Burps… Les chiens aboient et les caravanes de fric détourné passent sans relâche. Et pour éviter de tomber sur un os, parfois du haut d’une bosse de chameau, le politique jette quelques lingots au chien qui aboie trop fort…
— Oh ! Raoul, je ne savais pas que les chiens mangeaient de l’or. René, tu nous remets deux autres bières et des cacahouètes s’il te plait.
— Merci René… J’aime pas le 1er mai. J’aime pas le muguet : une fleur qui ressemble à un cloche. Porte bonheur mon cul… Les cloches c’est nous, les travailleurs, on défile à la queue leu leu comme des bourricots…
— Ou des chameaux
— Hips… non des bourricots… Alors tu vois, si tu veux donner l’immunité à un grand chef de caravane, tu votes Nicolas Sarkozy… Burps…
— T’y vas fort là… Raoul…
— T’as raison Vincent, faudrait que je me mette à la Saint-Yorre qui après avoir parcouru l’Auvergne parcourra l’ivrogne que je suis… Faut qu’j’arrête la bière… quoique… Alors tu sais quoi… j’irais pas faire le bourricot derrière les drapeaux rouges, j’irais pas au Trocadéro avec les faux travailleurs, j’irais pas humilier une pucelle avec un front national qui veut me prendre en levrette.
— T’as raison Raoul… René remets nous deux bières….
— Et des cacahouètes s’il te plait… burpsssss…