Septembre 2016 – Mère Teresa est déclarée sainte par le pape François. À l’issue de la cérémonie, le pape a offert un déjeuner de pizzas à 1 500 personnes sans ressources.

J’ai failli tuer ma femme. (le troisième miracle de mère Teresa)

C’est rare, mais Raoul est mal. Il chavire. Le front posé sur son verre de bière vide, l’esprit rempli de désespoir… René, le barman le regarde inquiet, la pinte pourrait casser sous le poids de sa tête et lui ouvrir le front. Pour faire diversion, il lui apporte des cacahouètes.
— Tiens, goute-moi ça, Raoul. Elles sont toutes fraiches celles-ci… Un nouveau paquet, une nouvelle marque, avec la peau toute pourpre, légèrement salées. Moins de sel, c’est mieux pour l’hypertension.
Raoul ne lève pas la tête. Il garde le front collé sur son demi, prend une poignée de cacahouètes et les gobe. René recule d’un pas… Le temps s’est arrêté… Quand Raoul dans un râle, lâche :
— j’ai failli tuer ma femme, ce matin.
— Moi, tous les matins, je rêve de tuer la mienne, lui confie René sur le ton de la plaisanterie. Histoire de désamorcer l’ambiance explosive que Raoul a jetée sur le comptoir.
— Rêver et agir sont deux choses bien différentes, dit Raoul sans bouger.

— Oui, c’est certain, tiens… prends une autre bière fraiche !
L’astuce fonctionne, Raoul lève la tête, porte le nouveau verre à ses lèvres, la mousse colle à sa peau, il siffle une belle gorgée, prend un croissant sur le comptoir, le trempe dans sa bière et le mange rapidement, en le mouillant consciencieusement avant chaque bouchée. René est content, son ami et client a refait surface. C’est mieux pour le commerce un homme qui mange, plutôt qu’un homme abattu.
— Elle m’a posé le visage de mère Teresa sur le pénis, et elle a hurlé: « Sainte mère Teresa, faites en sorte que mon gros con de mari ne bande plus. Faites que ce gros crétin de queuetard n’ait plus qu’une grosse molle entre les jambes. »
— Comment ça, elle a mis le visage d’une bonne soeur sur ta queue ?
— Ben oui… ça y est, l’Église a commencé à vendre des babioles de mère Teresa devenue sainte. Et ma femme a acheté une médaille avec la face de la vieille gravée au centre… C’est ça, qu’elle m’a posé sur le sexe.
René est perplexe, son chiffon frotte nerveusement les deux tasses qu’il a en main et dit :
— Ça reste une simple médaille.
— Ouais!… Ben, j’ai senti un truc chaud.
— Certainement le souffle de mère Teresa, trop heureuse de voir enfin une belle bite.
— Arrête de déconner, je suis sérieux…
— Mais comment veux-tu qu’une morte fasse des miracles ? Réfléchis Raoul…
— Putain, tu t’informes pas René ou quoi ? Merde… Elle a fait un miracle, un an après sa mort… Et un autre, onze ans après. Tu vois bien que j’ai de quoi flipper.
— Des conneries
— Non-monsieur… Elle a guéri Monica Besra, une femme d’un village situé à 500 km de Calcutta. Elle l’a débarrassée d’une énorme tumeur grâce à l’imposition d’une médaille lui ayant appartenu… Ah !!! Tu vois… Et c’est pas tout, un Brésilien habitant à Rio de Janeiro, a été sauvé d’un cancer au cerveau après avoir prié, avec sa femme, pour mère Teresa. C’est du lourd, et c’est pour ça que le Vatican l’a faite sainte…Burps…
— Tu m’étonnes, des miracles depuis l’au-delà… Putain, je savais pas.
— Ma femme était tellement sûre d’elle, qu’elle s’est mise à quatre pattes, nue… Elle aime bien ça la levrette, c’est la seule position où elle me voit pas… qu’elle dit…. Et elle m’a dit vas-y, si t’es capable…
— Et alors…
— j’ai pas bandé… j’ai essayé, mais j’ai pas bandé.
— Oh merde !!!
— Je l’ai retournée et j’ai voulu l’étrangler. Elle est devenue écarlate, et j’ai vu le voile au liséré bleu, comme celui de mère Teresa, apparaître sur son front.
— Aïe…
— J’ai pris peur… J’ai lâché…
— T’as bien fait.
— Et maintenant… même quand je tousse, mon pénis ne réagit plus… nous sommes déconnectés tous les deux…
— Eh ben, quand le Vatican va apprendre la nouvelle, ils seront contents de ne pas s’être trompés, ils tiennent une vraie sainte.
— Ouais… Tu me remets une bière… s’il te plait, René ?
— Avec plaisir, et c’est pour moi ! Cadeau, au miraculé de mère Teresa…
— T’es pas drôle, René…
— Sacré pape François, il est fort sous ses airs de biker, rocker et twitteur.
Raoul reste coi et finit son verre d’une traite, il tousse… puis pâlit d’une façon inquiétante. Il se revoit en train d’étrangler sa femme. « Le voile bon sang !!! J’ai vu le voile de mère Teresa. C’est un miracle grâce à elle, je ne suis pas devenu un assassin… Et donc ? Ma bite aussi, si ça a fonctionné pour l’assassin, ça a fonctionné pour la bite de l’assassin…je suis devenu impuissant… Ahrgg ! » Précipitamment, il quitte le bistro en faisant tomber son tabouret. René lâche son percolateur et regarde Raoul fuir.
— Tu vas où.. Comme ça ?
Voir Maria, il faut que je vérifie un truc. Je veux savoir si c’est une simple panne ou un sortilège.

 

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